Ces musiques de jeux qui donnent envie de tout quitter

Ces musiques de jeux qui donnent envie de tout quitter

Il y a des bandes originales qui accompagnent l’action. Et puis il y a celles qui ouvrent des portes intérieures. Celles qui ne cherchent pas à impressionner mais à installer un état. Une respiration. Une distance.
Certaines musiques de jeux vidéo ont ce pouvoir étrange : elles donnent envie de partir. Pas forcément loin, pas forcément longtemps. Mais ailleurs. Elles convoquent le silence, l’espace, la contemplation.

Voici quelques morceaux qui ont ce goût d’évasion.


La première écoute ressemble à un souvenir qui n’existe pas encore. Un banjo fragile, quelques notes suspendues, et soudain l’immensité. Un thème qui nous rend nostalgique, malgré qu’on ne le connaisse pas. Il y a dans cette mélodie quelque chose d’artisanal, presque fragile, comme si elle avait été enregistrée autour d’un feu de camp perdu au milieu des étoiles.
Puis, imperceptiblement, l’espace s’ouvre. Les harmonies s’élargissent, la musique prend de la hauteur sans jamais perdre sa simplicité. Elle ne cherche pas à être grandiose : elle devient vaste. Elle évoque la solitude, oui, mais une solitude habitée par la curiosité, par l’envie d’explorer plutôt que par la peur de l’inconnu.

Outer Wilds – Main Title.


Ici, la musique agit comme un vent froid sur une plaine désertique. Le morceau semble simple au départ, presque dépouillé, mais chaque répétition ajoute une couche d’émotion supplémentaire. On a l’impression de marcher longtemps, sans savoir exactement vers quoi l’on se dirige.
La montée est progressive, presque organique. Les cordes s’élèvent sans brutalité, comme si elles suivaient une respiration naturelle. Il ne s’agit pas d’un héroïsme spectaculaire, mais d’un accomplissement intérieur, discret. La musique ne crie jamais victoire : elle suggère la transcendance. Elle accompagne un passage, une transformation intime.

Journey – Apotheosis.


Plus minimaliste encore, cette composition repose sur le silence autant que sur les notes. Elle donne l’impression que chaque son a été pesé, que rien n’est laissé au hasard. La guitare ne cherche pas à remplir l’espace ; elle accepte les respirations, les suspensions, les instants d’attente.
Il y a dans ce thème une fragilité presque douloureuse. On sent la tension sous-jacente, la fatigue, la survie. Mais aussi une forme de tendresse, discrète, presque cachée. On n’est pas dans l’évasion spectaculaire ou l’aventure flamboyante. On est dans le voyage intérieur, dans la mémoire, dans la perte. C’est une musique qui fait taire le bruit autour de nous.

The Last of Us – Main Theme.


Enfin, ce morceau est presque une berceuse pour adultes. Il évoque la fin, mais une fin douce, acceptée. Dès les premières notes, une mélancolie lumineuse s’installe. La voix ne surjoue rien ; elle flotte, portée par une orchestration ample mais jamais écrasante.
Il y a quelque chose d’universel dans cette chanson. Elle parle de lutte, de poids à porter, mais sans amertume. Elle transforme la douleur en compréhension. On ne quitte pas le monde avec fracas, mais avec reconnaissance pour ce qu’il a été. C’est une musique d’adieu, oui — mais un adieu qui apaise plus qu’il ne déchire.

Nier Automata – Weight of the World.

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