La tension dans un jeu vidéo n’est pas toujours une explosion, une course contre la montre ou un combat final. Parfois, elle est beaucoup plus subtile. Elle se glisse dans les silences, dans les nappes discrètes, dans un motif répété presque trop longtemps.
Certaines OST maîtrisent cet art de l’inquiétude lente. Elles n’attaquent pas frontalement. Elles s’installent. Elles observent. Et elles finissent par s’imposer.
Il y a dans ce morceau quelque chose d’insidieux. Une boucle qui semble anodine au départ, presque minimaliste. Puis, progressivement, elle crée un malaise. On ne sait pas exactement pourquoi, mais on sent que quelque chose ne tourne pas rond.
La guitare électrique apporte une énergie étrange, à la fois nostalgique et tendue. Le morceau oscille entre mélodie accrocheuse et arrière-goût inquiétant. C’est cette ambiguïté qui crée la tension : rien n’est totalement rassurant.
Silent Hill 2 – Theme of Laura.
Ici, la tension est plus atmosphérique. Elle ne repose pas sur une mélodie forte, mais sur une ambiance. Des sons diffus, presque industriels, qui semblent venir d’un espace trop grand, trop vide.
Les cordes grincent, les textures sonores frottent l’oreille. On ne “chante” pas ce thème. On le subit. Il transforme chaque couloir en menace potentielle. La musique devient une alerte permanente, un signal d’angoisse diffus.
Dead Space – Welcome Aboard The U.S.G. Ishimura.
Enfin, un autre type de tension : celle de l’urgence. Un rythme qui s’accélère, une progression qui ne laisse pas le temps de respirer.
Les percussions martèlent comme un cœur inquiet. Les cordes montent, encore et encore. Ce morceau ne laisse aucun répit. Il traduit la pression morale du jeu : chaque décision pèse, chaque seconde compte.