Depuis une dizaine d’années, la frontière entre musique de film et musique de jeu vidéo est devenue de plus en plus floue. Les productions AAA assument désormais pleinement une approche cinématographique, tant dans la mise en scène que dans la composition musicale.
Un exemple marquant est God of War (2018). Bear McCreary y développe un thème central immédiatement identifiable, porté par des percussions lourdes et des chœurs masculins, renforçant la dimension mythologique et intime du récit. La musique accompagne Kratos non comme un simple fond sonore, mais comme une extension de son évolution émotionnelle.
God of War 2018 – Main Title.
Autre cas emblématique : Cyberpunk 2077. L’OST mêle synthétiseurs industriels, textures électroniques abrasives et morceaux diegetiques diffusés via les radios du jeu. Cette approche hybride renforce l’immersion et participe pleinement à la construction de Night City comme entité vivante.
Cyberpunk 2077 – Night City.
Enfin, The Last of Us Part II, avec Gustavo Santaolalla, illustre une autre voie : une musique minimaliste, presque fragile, reposant sur quelques instruments (guitare, cordes, percussions discrètes) qui laisse respirer les silences et accentue la brutalité émotionnelle de l’histoire.